ACTE 1
- SCENE 1 : La carte son
La
carte son a de quoi être jalouse
! L’utilisateur ne jure fréquemment
que par la puissance de son processeur
et n’a d’yeux que sa carte vidéo. Redorons
dans un premier temps le blason de cette
interface aussi discrète que « bruyante »,
que la technologie à également doté
de dispositions aussi utiles qu’intéressantes
pour le jeu, le multimédia et surtout...
la musique !
Savez-vous
qu’il y a quelques années, la
carte son ne faisait même partie du
« pc idéal », ni intégré en
standard. Vendue séparément à des prix
variant de 1000 (8 bits – OPL2 11 voix)
à 2000 Francs (16 bits – OPL 3 20 voix),
les produits compatibles Adlib / Soundblaster
dominaient outrageusement le marché.
Il est vrai que peu d’applications (surtout
ludiques) ne profitaient encore du synthétiseur
embarqué sur ce genre d’interface.
Peek
& Poke (et colegram)
A
la fin des années 70, le « noir
et blanc » de l’interface sonore
se conjugue avec les débuts de la micro-informatique
à usage domestique. Les ordinateurs
Apple, Commodore, TRS Tandy, sont proposés
avec un haut parleur interne, connecté
à la carte mère via un simple décodeur
/ amplificateur (une option de luxe
sur le Pet Commodore !). Dès lors,
il est élémentaire et économique de
produire une mélodie monophonique (ou
un bruit), avec une série d’instructions
décrites en quelques lignes, contenant
au minimum, une fréquence, une durée
et un volume. Tout comme les 8088 à
8 Mhz, votre ordinateur est toujours
équipé d’un haut-parleur interne, d’où
peut être produit un son monophonique
8 bits, pour la production du bip caractéristique
dès l’allumage, et plus rarement le
« beat » du métronome.
Les
années suivantes, le jeux d’instructions
consacré à l’audio devient un plus complet.
Le processeur autorise, outre ses tâches
classiques, quelques latitudes dans
la programmation d’ondes plus variées
que la simple « dent de scie »
et se permet quelques frasques dans
la numérisation. Le Mac et l’Atari ST
exploitent par exemple l’audio à une
fréquence maximale de 22 kHz en 8 bits
sur un seul canal. Mais la micro-informatique
des années 80, avoue sa faiblesse dans
deux domaines : le réalisme et
la durée. D’une part, les capacités
de calcul sont trop limités pour offrir
une palette sonore étendue, et d’autre
part, le stockage de masse est insuffisant
et trop coûteux pour accueillir le moindre
enregistrement numérisé (les premières
stations audionumériques avoisinent
les centaines de milliers de francs
pour quelques minutes d’échantillons).
C’est
le monde de la recherche musicale qui
va réellement initier la micro-informatique
grand public à la musique (un point
de vue de musicien ;). Les quatre premières
lettres instigatrices sont : MIDI.
Un protocole qui pourrait s’apparenter
à celui du « réseau où l’on surfe »,
mais qui ne concerne que les instruments
et périphériques musicaux, à travers
desquels circulent des « évènements ».
Avantage pour les micros qui en sont
équipés ? Simplement déléguer le
travail à des synthétiseurs externes,
dont le processeur est uniquement dédié
à la synthèse sonore. Les seuls instructions
envoyés peuvent se résumer ainsi :
début de la note à tel temps d’une mesure
(Note On) - fin de la note à tel autre
temps d’une mesure (Note Off). Une mélodie
complète tient ainsi dans quelques kilo-octets.
Les Atari STE / STF sont alors les plus
en vogue pour les applications musicales.
Equipés d’origine de deux prises MIDI
(In et OUT) prêts à être connectés à
des synthétiseurs, ils ont également
l’avantage (à l’époque ! ) de proposer
un générateur trois voix de 30 Hz. Un
autre grand de la musique, la société
japonaise « Yamaha », va également
apporter peut-être sans le savoir, sa
pierre à l’édifice. C’est le célèbre
synthé Yamaha DX7 et sa technologie
révolutionnaire de génération sonore
par modulation de fréquence, qui vont
en effet équiper dans une version allégée,
les toutes premières cartes son. Le
dernier apport technologique étant constitué
d’un élément primordial dans l’univers
de la création musicale de la fin des
années 80 : le « sampler »,
où mieux encore : comment mettre
la musique sous forme binaire dans un
minimum d’espace…
De
vrais morceaux de technologie sur 30
centimètres carrés (environ)
Au
début des années 1990, les ingrédients
de la soupe à l’audio pour micro sont
réunis. Un kilo de sons d’instruments
variés, une mesure d’audionumérique,
un soupçon de MIDI. Viendront par la
suite quelques aromates de technologies
diverses afin de s’accommoder aux améliorations
matérielles et logicielles : surround,
3D, tables d’échantillons, algorithmes
de compression, etc. Le tout sur dans
un espace standard apposé sur bus ISA
ou PCI, comportant généralement de quoi
brancher haut-parleurs, casques, CDROM,
cartes filles, prises MIDI / joystick,
et rack externe.
Mais
l’architecture des cartes son varie
peu d’un modèle à l’autre. En premier
lieu, la synthèse FM, toujours présente
sur quelques interfaces récentes (afin
de conserver une compatibilité descendante)
se fait généralement par l’intermédiaire
du circuit OPL 3 de Yamaha ou par un
circuit similaire. Ce dernier dispose
de quatre modulateurs de fréquence (opérateurs)
dont les combinaisons produisent, avec
plus ou moins de bonheur, le son d’un
instruments de musique ou bruitage.
Cette technologie économique a aujourd’hui
laissé place à une tables d’ondes bien
plus gourmande en mémoire vive (de 1
à 32 M°), mais bien plus réaliste. Une
collection de sons authentiques échantillonnés
en studio, puis placés dans la RAM de
la carte son au format standard General
Midi et ses extensions XG - GS. Des
échantillons qui varient du pire au
meilleur suivant leurs origines, soit
produits en salle de bain, soit enregistrés
par des sociétés spécialisées et réputées
dans le monde de la musique. Parmi les
plus connues : Roland – Emu – Yamaha
– Ensoniq, Korg…
L’autre
élément primordial de la carte son est
le processeur. Il assure entre autres,
les conversions analogiques-digitales
et digitales-analogiques (DAC – CAD
en français) du signal audio. Un travail
en temps réel qui vous permet d’enregistrer
et d’écouter une mélodie sur, et à partir
de votre disque dur. Etant donné le
volume occupé sur ce dernier par les
fichiers audionumériques (environ 10
M° par minute), le processeur inclut
un ou plusieurs algorithmes de compression
qui permet de réduire la taille des
fichiers.
Laurent
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