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De
nos jours, générer des
fréquences, leur appliquer divers
traitements et mettre à disposition
du musicien un ensemble multi-timbral,
polyphonique, compatible à la
norme MIDI, ne relève plus du
miracle technologique. Dans le domaine
de la micro-informatique domestique,
les logiciels que nous vous présentons
ici sauront avantageusement tirer profit
d'un Pentium ou d'un Athlon, afin de
réaliser tous les types de synthèse
sonore, qu'elle soit additive, soustractive,
à base de modulation de fréquence,
de tables d'ondes échantillonnées,
granulaire, etc. Ces logiciels peuvent
être classés en deux grandes
catégories : les " émulateurs
" et les " laboratoires".
Dans
la nouvelle famille des émulateurs,
ce qui caractérise actuellement
l'offre logicielle en matière
de synthèse sonore, est la
prédominance des technologies
et interfaces datant du début
des années 80. Des produits
devenus références (grâce
à divers courants musicaux comme
la techno, dance, groove
) tels
que la Bass Line de Roland, la série
Prophet 5 et 600 de Sequential Circuit,
le DX7 de Yamaha, le Mini Moog ou l'orgue
Hammond. Ces derniers y sont très
souvent représentés, soit
intégralement dans la fenêtre
d'édition, soit partiellement
par l'intermédiaire de paramètres,
agencements et vocables devenus désormais
quasi incontournables.
En
remettant au goût du jour la TR-808,
la TR-909 et la TB-303 de Roland intégralement
reproduites (interface et sonorités)
dans le logiciel (bien nommé
!) " Rebirth 338",
la société suédoise
Propellerheads a été
l'initiatrice de cette tendance "
80's WYSIWYH " . Si on ne peut
pas parler ici réellement de
synthèse sonore, Reason, leur
" petit dernier " intègre
un module baptisé " Subtractor
" composé entre autres de
deux oscillateurs, filtres et enveloppes,
qui semble avoir quelques airs de familles
avec certain Moog (les synthés,
pas Bob !). Mais il ne suffit pas de
coller un " skin " séduisant
pour se déclarer " synthétiseur
logiciel "...
Les
maîtres en matière de "
simulateur de synthés "
se nomment Native Instruments .
Rien est plus réjouissant en
effet que de s'approprier partiellement
et gratuitement (grâce la version
démo de Pro-5 et B4) ou entièrement,
de tels instruments comme le Prophet
5 ou bien encore l'orgue Hammond B3.
Le Prophet 5 de Sequential Circuit,
rappelons le, est LE synthétiseur
consacré à la production
de sonorités de basses épais
et granuleux pourvu qu'on le mette en
mode " unison ". Plus de quarante
commandes sont ainsi entièrement
modifiables à la souris, et mieux
encore (contrairement au vrai Prophet
!), paramétrables via des commandes
MIDI spécifiques par l'intermédiaire
d'un séquenceur par exemple.
Sur
votre moniteur toute la façade
" utile " des claviers y est
reproduite (en trop petit format à
notre goût) : des potentiomètres,
en passant par les tirettes, les touches,
jusqu'aux flancs en bois, le poids et
le prix en moins (quelques dizaines
de milliers de francs en 80), le MIDI,
la polyphonie et beaucoup de mémoire
en plus ! Disponibles en version autonome
ou instrument VST, Pro-5 et B4 nécessitent
tout de même une configuration
puissante pour les modes polyphoniques
en multi instrumentaux.
Mission
donc réussie par Native Instrument
dont le cur de tous ses simulateurs
d'instruments, est un logiciel en vente
libre (!) nommé Reaktor. Celui-ci
est composé d'un générateur
de synthèse sonore, d'un échantillonneur
et d'un module d'effets. Dans la fenêtre
d'édition générale
" Ensemble ", il vous est
proposé de relier les éléments
souhaités entre eux, et de raccorder
virtuellement la sortie audio sur l'entrée
de la baie de câblage et du module
d'amplification (si vous souhaitez immédiatement
entendre le résultat de votre
jeu de construction).
Le
nombre de modules est très impressionnant.
D'ailleurs, la moitié du mode
d'emploi de Reaktor leur est consacré.
Du simple oscillateur composé
d'une onde sinusoïdale jusqu'aux
macros de gestion MIDI et séquenceurs,
la palette sonore du logiciel peut (heureusement)
être immédiatement exploitée
à l'aide des fichiers fournis
(tels que le SH101 de Roland). Il est
fort probable d'ailleurs que les fichiers
" Ensemble " vous servent
comme base de travail tant la mise en
place est complexe. Bien entendu, conformément
à la norme MIDI, Reaktor peut
gérer 16 " processus "
en même temps, qu'ils soient purement
issus d'un module de synthèse
sonore ou à base d'échantillonnage
Pourvu que votre équipement tienne
le coup
Pour ce qui nous concerne,
un Athlon 800 ainsi qu'une "petite"
carte XG Studio d'Hoontech ont parfaitement
tenu leur rôle, avec un temps
de latence suffisamment court pour commander
le tout à partir clavier maître
(10 ms). Destiné à un
public averti car complexe, Reaktor
est aussi à l'aise en mode autonome
qu'en instrument VST.
Aussi
modulaire mais un peu plus abordable
techniquement et financièrement
que Reaktor, VAZ Modular est
la version britannique de la synthèse
sonore logicielle. On y retrouve par
conséquent des éléments
communs à tous synthétiseurs
analogiques et au logiciel allemand
décrit précédemment.
Vaz 2.1 " ne " nécessite
tout d'abord au minimum, qu'un processeur
tournant à 200 Mhz et 32 M°
de mémoire vive pour fonctionner.
Un ordinateur plus beaucoup plus récent
pourra donc sans doute gérer
sans problème 16 " synthés
" de 16 voies de polyphonie chacun,
représentant ses limites techniques,
mais également celle de la norme
General MIDI.
Côté
sonorités, Vaz 2.1 n'est pas
en reste. Il n'est pas certain que vous
arriviez un jour au bout des 255 "
briques " qui le composent ! A
ce sujet d'ailleurs, il est assez difficile
de voir à l'écran, comment
ils interagissent entre eux. Cette profusion
de paramètres et leur particularités
vous permettra de réaliser des
synthèses sonores similaires
à celle de prestigieux ancêtres
tels que Moog, Roland, Sequential Circuit.
Il suffira juste de lancer la version
démo de ce soft anglais pour
vous en rendre compte
C'est
d'ailleurs d'outre manche qu'est venu
l'un des plus beaux éloges destiné
à l'équipe française
d'Arturia, pour la qualité
de la synthèse sonore sur Storm.
Limité à deux synthétiseurs
dans la toute première version
du logiciel, Orpheus, l'un des nouveaux
modules disponibles actuellement, vient
idéalement compléter ce
logiciel hybride, et justifie à
lui seul sa présence dans cette
rubrique. Orpheus se base sur une table
d'ondes. Ce qui l'autorise à
générer aussi bien des
basses synthétiques, que des
bruitages et effets de. Il s'intègre,
comme tous ses " collègues
de travail ", dans un environnement
dédié à la composition
totalement modulaire, et peut être
synchroniser et/ou traiter avec les
éléments présents.
Une mention toute particulière
également pour le module "
Bass 52 ", qui utilise le principe
de la synthèse par modélisation
physique et reproduit les caractéristiques
sonores et de jeu d'une basse électrique
frettée.
Restent Les PPG, Mellotron, Creamware
(est-ce encore un logiciel ?), Vir-Syn,
et bien d'autres plugs-in... La liste
des étant non exhaustive, vous
trouverez sûrement votre bonheur
parmi notre sélection mise à
jour régulièrement sur
http://www.tplm.com/rubriques/10.htm.
Laurent
HAVETTE
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