Synthèse
sonore et synthétiseurs (2)
Parmi
les procédés qui donnent vie aux instruments
électroniques, la synthèse additive
est la moins courante. Elle reprend
le principe du français Charles Fourier
qui énonce que tout son complexe est
composé dharmoniques simples,
dont les fréquences sont des multiples
entiers de la fréquence la plus grave.
Techniquement, ce procédé consiste à
enrichir une
forme donde primaire en la multipliant
plusieurs fois par lajout doscillateurs,
jusquà obtenir une forme donde
complexe. Cest le cas du synthétiseur
KAWAI K5 (et de sa version expandeur
K5ms), un appareil regroupant notamment
126 harmoniques programmables (dont
un sera réservé pour créer la fondamentale).
La firme Kurzweil a également fabriqué
un clavier fonctionnant sur le même
principe : le K 150-FS. Selon ses
utilisateurs, une véritable usine
à gaz nécessitant (presque
systématiquement) lutilisation
dun ordinateur (Apple II et Mac)
pour le réglage de tous ses paramètres :
pour commencer, 240 oscillateurs indépendants
comprenant 256 phases denveloppe
damplitude chacun. De toutes évidences,
une richesse sonore à exploiter au prix
cependant dune mémoire vive trop
restreinte semble t-il : 5 mega de RAM
en mémoire vive pour un (bon) piano.
La
synthèse FM (modulation de fréquence)
est également réputée pour sa complexité.
Mais on retiendra surtout linstrument
qui la rendue célèbre, le synthétiseur
Yamaha DX7 dont les petits
enfants sonorisent toujours
nos ordinateurs (OPL2, 3 et 4). Le domaine
de la diffusion radiophonique utilise
ce même procédé : la fréquence
dune onde (la porteuse) varie
en fonction dune autre onde (le
modulateur) et le signal ainsi modulé
part de lantenne émettrice jusquà
votre antenne radio. Evidemment, en
musique, les fréquences utilisées sont
celles que loreille distingue
(20 Hz à 22 kHz) et puisque nous parlons
musique, revenons au DX7 et à son principe
de fonctionnement. Sa matière
première se nomme lopérateur .
Ce dernier peut être soit défini comme
la porteuse ou le modulateur. La combinaison
de deux opérateurs (un minimum pour
créer un son ! ) peut se faire
en chaîne (lun module lautre)
ou en parallèle (il en résulte alors
une onde sinusoïdale pure ),
chacun dentre eux possédant ses
propres réglages de hauteur, damplitude
et denveloppe. Le DX7 regroupe
six opérateurs agencés différemment
entre eux sous la forme de 32 combinaisons
appelées algorithmes. Ainsi que nous
le mentionnions plus haut, les cartes
son standards incluent des générateurs
FM regroupant de deux à quatre opérateurs,
en plus dune éventuelle table
déchantillons.
La
synthèse sonore la plus répandue est
la synthèse soustractive. Le but du
jeu consiste à partir dune onde
sonore riche en harmonique, tels que
la dent de scie ,
carré , triangle
et de la filtrer. Nous en détaillons
le fonctionnement dans les précédents
numéros de Studio Multimédia. Associer
cette technique de génération sonore
à une poignée de synthétiseurs serait
chose difficile. Citons quand même de
grands noms tels que Moog (Odyssey),
Roland (Jupiter et Juno) et Korg (MS
10 et 20), dont les anciens
synthétiseurs connaissent actuellement
une nouvelle jeunesse due aux divers
mouvements technos.
La
recherche dans le domaine de la synthèse
sonore débouche également sur des procédés
utilisés par quelques rares instruments
à série limité ou encore au stade de
prototypes. Cest le cas du VL1
de Yamaha (1994), le premier synthétiseur
capable de modéliser les instruments,
cest à dire calculer en temps
réel et en permanence les paramètres
physiques de tous types dinstruments
acoustiques. Bien avant, le clavier
de la société PPG utilisait comme source
léchantillonnage numérique de
sons (la table dondes) Le principe
fut repris notamment par Korg et son
Wavestation qui y associa une synthèse
vectorielle
(sorte de mixage sonore en temps réel).
Dans un autre registre, citons également
la gamme CZ de Casio, employant la synthèse
par distorsion de phase qui permettait
la production de formes dondes
plus complexes que les classiques carrés
et triangle .
Enfin terminons par la technique du
morphing de E-Mu système (qui équipe
également certaines cartes sons)
Notre
sélection de logiciels de synthèse
sonore
Laurent
HAVETTE pour Studio Multimédia
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