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“ Chase ” en version dance avec Rebirth

Le logiciel Rebirth flatte l’œil et l’oreille. Sa couleur vintage, ses boutons et ses leds sont un appel à la composition et à la programmation house dance et techno.  Un exercice de style envoûtant sur la base de “ Chase ” de Gorgio Moroder, en trois coups de souris, deux bass-line et une boîte à ryhtmes de grand-papa…

Le rythme et la basse constituent les ingrédients uniques du style de musique que nous abordons ajourd’hui. A ma gauche (ou plutôt en haut) : deux lignes de basse héritées de la fameuse TB303 de Roland. A ma droite (en bas) : la plus évoluée des boites à rythmes de l’époque, toujours imitée, rarement égalée : la Roland TR808. Comme de coutume et pour nous mettre dans l’ambiance, débutons par la programmation de la grosse caisse dans la grille de la BAT, en ayant tout d’abord sélectionné “ BD ” avec le plus gros potentiomètre. Afin de marquer tous les temps, cliquez sur le premier bouton de chaque couleur. Ajustez le volume, l’attaque et la sonorité avec les réglages situés dans la colonne nommée également “ BD ”. Choisissez un volume plus élevé que la moyenne, réduisez l’attaque (decay) et augmentez la hauteur pour rendre la grosse caisse plus percussive. Si vous testez la version démo de Rebirth, il se peut que la création d’une nouvelle fenêtre soit déjà bien occupée par une séquence ! Dans ce cas, désélectionnez chaque percussion une à une et désactivez pour le moment les deux bass line en cliquant sur leurs leds “ mix ” respectifs. Sachez que d’office, et si vous n’avez pas lancé le mode “ song ”, vous travaillez en mode “ pattern ” sur seize pas à un tempo de 140.

La base de l’exercice d’aujourd’hui repose sur la ligne de basse de “ Chase ” de Gorgio Moroder, l’une des musiques du films “ Midnight Express ”. Une séquence en croches invariable à programmer sur 32 pas et qui fait (difficile de la siffler sur le papier !) : sib – do - do – do – sib – do –re# - do – fa – sol – sol – sol - fa – sol – sib – re. Si vous souhaitez faire immédiatement de la transe, entrez les notes ci-dessus directement sur 16 pas. A ce tempo, la basse est quand même difficilement reconnaissable et sera peu exploitable par la suite. Choisissez ainsi une des des basse-line et cliquez sur “ Clear ”. Vous devriez être sur le pattern A 1 avec 16 pas (steps) prêts à l’emploi. A ce stade, notons deux remarques concernant la programmation de la basse. D’une part, la plus petite valeur est la double croche. Laissez par conséquent un pas entre chaque note entrée, en cliquant deux fois sur le bouton “ step ” après validation (cliquez sur le bouton situé à côté du symbole de la double croche et du soupir). D’autre part, vous n’avez apparemment accès qu’à une octave allant de do à do. La séquence allant de la note la plus basse “ fa ” à la note la plus haute “ ré# ”, vous devrez cliquez sur le bouton “ up ” pour augmenter de 12 demi-tons le do et le ré#.

Les seize pas affectés à la première partie de la séquence doivent être complétés d’un second pattern. Cliquez simplement sur “ 2 ” dans la partie située à gauche de la basse sélectionnée, puis entrez la seconde mesure allant de fa à ré. Pour le moment, il n’est pas possible d’écouter la séquence en entier sans activer à tour de rôle les deux patterns de basse. Si vous souhaitez suivre scrupuleusement l’arrangement de Moroder, le morceau débute par la basse et la grosse caisse pendant 16 mesures, durant laquelle une nappe synthétique vient compléter la bande son. Jusque là tout va bien et nous sommes toujours en 1978 ! Mais cette ligne mélodique serait sans doute exploitable dans un autre registre plus actuel. Dans un premier temps, pourquoi ne pas pousser le tempo à 150. Autre ingrédient “ à la mode ”, le portamento. Ici, le temps fort peut se faire sur les pas 1 et 11 du premier pattern. Cliquez ainsi sur “ slide ”. Niveau sonorité, la basse manque un peu de “ grain ”. Ajustez les potentiomètres de filtre “ Cutoff ” et “ Résonance ” à votre convenance et testez également l’effet produit par les deux boutons “ Dist ” et “ PCF ”, dont les réglages sont à proximité. N’oubliez pas cependant que la basse est en quelque sorte, avec la grosse caisse, la “ charpente ” du morceau, et que son jeu doit demeurer dans le registre des graves, la véritable ligne mélodique affectée à une autre piste, étant plus aigu donc plus audible.

Afin de compléter la version dance de “ Chase ”, quelques ajouts sont à faire. Tout d’abord au niveau de la batterie que nous avons laissé avec sa “ pauvre ” grosse caisse. Conservez ce pattern, c’est une manière classique mais efficace de lancer le morceau, et choisissez en un autre. Pour rendre hommage à Gorgio Moroder qui fait intervenir une caisse claire à la dix septième mesure au deuxième et quatrième temps, ajoutez vous aussi votre caisse claire (notée SD). Complétez la séquence (ou une nouvelle) avec le charleston ouvert à contretemps (OH). Quelques percussions supplémentaires seront les bienvenues afin d’enrichir la piste batterie et accélérer le rythme en apparence. N’oubliez pas d’ajuster la hauteur de ces percussions pour qu’elles restent dans le ton. La TR808 logicielle peut également bénéficier des effets de delay, distorsions et PCF. N’en abusez pas sous peine de la rendre inaudible car ce type d’effet s’applique à tout le rythme et non à aux instruments en particulier. Dernière étape avant la construction du morceau, le réglage des volumes de la BaT et de la basse.

Le PCF de Rebirth est un effet permettant de faire varier la sonorité des bass line et de la batterie à des moments précis du morceau. Il est composé d’une sélection de fréquence, d’un filtre résonance, d’une enveloppe et d’un niveau. Il peut tout à fait se superposer aux réglages de sonorité de chaque basse.

Vous venez de construire deux mesures de basse et sans doute deux ou trois de batterie. Au sommet de la fenêtre de Rebirth, cliquez sur “ Song Mode” et activez le mode “ Loop ” de la mesure 1 à la mesure 16. Le pointeur se trouve dans la petite fenêtre “ bar ”. Cliquez pour afficher le chiffre 1 et appuyez sur “ Record ” (sans cliquez sur le bouton lecture !). Ce mode est l’équivalent du “ pas à pas ” et vous permet de sélectionner les patterns désirés pour chaque mesure (n’oubliez pas de l’incrémenter à chaque changement de mesure). Ainsi, l’intro du morceau ira de 1 à 4 et comprendra pour la basse, 1 mesure de pattern 1A et une mesure de pattern 2A, le tout deux fois. Quand à la batterie, allons immédiatement dans le vif du sujet et faisons intervenir la caisse claire bien plus rapidement que le compositeur, c’est à dire dès la troisième mesure (avec normalement le pattern A2), les deux premières étant réservées uniquement au pattern 1A et sa grosse caisse.

Un des moments fort de l’œuvre originale “ Chase ” consiste à amener la mélodie par l’évolution du son de la ligne de basse synthétique. Une opération aisément renouvelable avec le logiciel Rebirth et repris actuellement dans les morceaux dance et techno notamment. Si l’effet est réussit, il peut tout à fait être repris à divers moments de la composition. N’hésitez pas donc à rallonger le mode “ Song ” et gardez à l’esprit que la construction d’un morceau (même techno !) doit être équilibrée. Pour ce faire, revenez un instant au mode “ Pattern ”, ceci afin de tester en temps réel les variations sonores souhaitées. Les filtres, delay, distorsions, panoramiques pourront être par la suite, enregistrés en temps réel dans un mode non destructif. Si vous êtes prêt, activez le mode “ Song ”, paramétrez les locators de début et fin (activez la boucle) et lancez l’enregistrement en cliquant sur enregistement puis lecture. Sans doute êtes-vous satisfait de ce binôme basse-batterie. Si ce n’est pas le cas, la seonde bass-line pourrait être exploité pour la programmation de la mélodie dans le registre des aigus, ou par exemple, doubler la basse avec des effets plus marqués, comme le delay. Programmez ainsi au pas 8, un do, et au pas 11, un fa, le tout dans l’octave supérieure. Activez le delay et le PCF et faites tournez le tout sans modération.

(Gorgio Moroder, de son vrai nom Hansjorg Moroder, est né en Italie en 1940. Considéré comme le père de la “ disco ”, il composa notamment pour Donna Summer le (très chaud) “ Love to Love ” et “ I Feel Love ” (dont la basse est très similaire à celle étudiée dans notre article) et produisit notamment le groupe Blondie. En 79, il obtient un oscar pour la musique du film “ Midnight Express ”, un second en 83 pour “ What a Feelin ” (Flashdance) et enfin un troisième pour la b.o. du film “ Top Gun ”, “ Take my breath away ”. )

Laurent HAVETTE

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